24.12.2009
Presque Noël
Presque Noël. Je souffle sur mon thé au milieu d’une insomnie et je regarde la belle endormie. Le temps est un passe-gouffre, un monstre sans tête ni loi qui m’empêche de vous écrire. De bus en bus, je sillonne Paris, attachée à ma mignonne qui s’épuise. De mes envies insatiables de tout lui faire goûter. De tout prendre sans rien laisser.
C’est le temps de la dent qui bouge, des blagues faciles et enfantines, des logiques évidentes qui n’appartiennent qu’à son monde et fait rire les passants. C’est le temps de ses joues encore toute rondes, des pleurs d’épuisement, de son regard concentré quand je lui explique le monde. Des vérités qui peuvent blesser, sans gants ni remords, la vérité toute crue et qui gêne. Et moi, derrière, savoir lui répondre du tac au tac, les bons mots, les bons gestes, la mère parfaite et idéale. En rêve.
C’est le temps qui ne s’arrête jamais. Et qui m’épuise. Un emploi, un enfant, un mari aussi, à plein temps. Le reste on l’oublie. Entre deux réunions, deux métros, un monoprix et le vélo où j’ahanne à toute vitesse. Le début d’année est toujours prétexte aux bonnes résolutions. Quelques jours avant que cela ne tienne. En tout cas, je tiens ferme que je vous écrirai tous les jours, j’arrêterai de couper mes phrases et tiendrait bon sur mes jambes.
En attendant, allumer les bougies, dresser la table et se réjouir d’être là.
Je vous souhaite à tous un lumineux Noël.
Frédérique
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25.05.2009
a l'aube des trente ans
De vagues souvenirs. Quand on se prenait pour les rois du pétrole avec trois francs six sous. Les cheveux bien lavés et nos corps encore ensuqués de nos ébats incessants.
Nos dîners magistralement orchestrés, champagne bien sûr, et vins savants, on avait un métier. Nos têtes bien faites et les autres autour qui se mariaient. Notre appartement beaucoup trop grand et nos journées harassantes de primos entrants sur le marché du travail. Corvéables à merci et si fières de porter la mallette à travers Paris. Tout frais émoulus, niais, naïfs et poncifs. La famille, germait en nous. Une certitude. Un fait.
En attendant, nos balades sur la plage en hiver étaient un régal, jamais égalé,
23:19 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.02.2008
l'enfance
Puis j’ai essayé de l’illustrer en cherchant un extrait de la Baule-Les Pins qui est mon film référence concernant l’enfance, du moins la mienne. La protagoniste s’appelle Frédérique ce qui augmente ma glande lacrymale à chaque fois que je le visionne. Je suis tombée sur un autre film de Diane Kurys, qui a l’art de capter les tourments de l’adolescence : Diabolo menthe. Et je dois dire que cet extrait m’a également mis la larme à l’œil...
22:45 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.01.2008
L'enfance
Il paraît que cela laisse des traces. L’enfance est toujours tapie. Pour moi, elle s’élance à l’appel d’une voix rauque. A l’odeur de cigarette et de café, un oeil cerné. Elle bondit à l’écoute de tournures argotiques et de chansons populaires. Elle fait battre le cœur de petite fille perdue dans la masse de « la middle class » blanche.
L’enfance n’est jamais bien loin et me hante à longueur de vie. A l’évocation d’apéros sans fin et du cri des alouettes au loin, je frétille. A la vue d’un regard franc d’un homme qui me désire et je replonge dans les bras forts de mes oncles fringants. La lueur de la télévision, le dimanche soir. Gavés de nourriture d’un repas d’une journée, la clémentine rafraîchissante, le fond de champagne au fond de la flûte. Lieux communs certainement, mon commun, ma communauté perdue. Le parquet qui grince, l’odeur du dimanche dans les rues et la boulangerie en bas de chez mes grands-parents « Aux gamins de Paris ». A dix ans, j’étais déjà nostalgique d’un temps qui n’existait plus. Ce nom me faisait rêver et c’est avec délice que j’allais y acheter des bonbons dont je me foutais. Le plaisir était dans l’atmosphère. J’avais l’impression d’être dans l’authenticité. Les lignes géographiques étaient déjà tracées, Paris serait ma ville, celle où j’allais exister. Paris est aujourd’hui autour de moi, elle reste quoiqu’on en dise symbole pour moi de vérité. Pas de centres commerciaux aseptisés et il reste, en bas de chez moi, un café noyé dans la fumée. Je m’y accroche, j’emmène ma fille sur la terrasse en été. Je savoure les phases en portugais des propriétaires et je prie pour que tout cela ne soit pas remplaçé par un « lounge bar » dont le nom me donne la nausée. J’habite à Paris, c’est ma ville à moi.
Les yeux verts de mon père. Le saut de l’ange filmé en super 8. L’effort à tout casser. Sa montée vers le mont tacul « le cul du Mont-Blanc » comme il se plaisait à le dire. Sa mine fatiguée à la descente. Le camping des rosiers à Chamonix, l’odeur des sanitaires, la gueule cramé des amoureux de la varappe et mes premiers coups de cœur à la vue de ces mines bronzés. J’avais un abonnement à la piscine municipale, je détestais la montagne et ses balades obligées. Je me souviens de Mickael Jackson qui hurlait dans mon casque au milieu des marmottes. Mais le mal s’instillait. Mon père reste mon père, je l’admirais. Ses gouttes de sueur et le plaisir qu’il prenait à se malmener. Je savourais l’éloge quand j’essayais de le suivre dans ses efforts. Je prenais place dans la chaîne maléfique de l’effort physique. Je continue à me surpasser et j’adore sentir les gouttes de sueur couler. Tout se gagne par l’effort, voici la morale de l’histoire. Je suis sportive donc à mon corps défendu.
Ma mère est fragile. Ses larmes sont son identité. Jolis traits à se damner. Manque juste la petite étincelle trop tôt étouffée par un père con comme un balai et une mère absente, elle aussi. Sacrée lignée. Une mère insaisissable en fait. Petit cliché à la rescousse qui a du mal à venir. J’ai toujours l’impression que ma mère n’est jamais vraiment présente dans mes souvenirs. C’est de la douceur à l’état pur, de l’amour, de l’aura tout autour de nous, ma sœur et moi. Petite, je trouve ses dessins magnifiques et ses histoires à dormir debout. Je la trouve évidemment très belle dans les robes que mon père lui dessine. Image onirique d’une femme, qui, encore aujourd’hui, ressemble à une fée. Elle aime danser, moi aussi. Les grands magasins étaient son domaine, elle en connaît tous les raccourcis, tous les codes. A 16 ans, elle poussait les chariots de marchandises, et passa ensuite sa vie dans la dentelle et les soutiens-gorges à balconnets. Ma mère, vendeuse de lingerie féminine et moi je connais tous les coulisses de cette maison devenue secondaire au fil des années. Galeries Lafayette, Printemps, Boulevard Haussmann, le comble de la superficialité au goût d’enfance et j’adore m’y vautrer.

21:59 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.10.2007
Le Parrainage Républicain ou comment j'ai fait baptiser ma fille civilement
Révolution, je vous dis !
Premier combat : les services administratifs
Dis-moi oui !
Le service d’Etat civil de votre mairie vous dit que le maire de votre commune pratique le parrainage républicain. Sautez de joie, hurlez au loup. Suffit juste de ramener les papiers, prendre date est le tour est joué. C’est la fête !
Si le service d’Etat civil vous dit que non. Traduisez : Le maire de cette commune ne cautionne pas ce genre d’acte purement romanesque pour bobos en perte de sens commun. Traduisez : les valeurs de la religion catholique, le mariage, les enfants, papa au travail, pouf, maman à la maison et pas de question. Voilà c’est dit. Et bien dit. Ne perdez pas confiance en vous. Ne vous mariez pas, ne vous inscrivez pas à l’église de scientologie pour tester votre niveau de stress. Il existe des solutions.
Ah Bertrand !
C’est Bertrand Delanoë qui m’a sauvé ! En tout cas le service d’info 3615 de la Mairie de Paris. Un petit message et hop la liste magique était sous mes yeux. Je n’avais plus qu’à contacter l’ensemble de ces mairies consentantes et compréhensives pour pouvoir baptiser ma petite républicaine.
Le message que j’ai envoyé au 3615 Mairie de Paris : baptême nouvelle version.doc
Et voilà, deux jours plus tard, j’avais la réponse. Cela mettait enfin un terme à mes six mois d’errance dans les couloirs administratifs.
Les petits papiers :
- Carte d’identité et justification de domicile de la marraine
- Carte d’identité et justification de domicile du parrain
- Livret de Famille (vous pouvez en faire la demande même si n’êtes pas mariés et cela facilite bien des choses)
- Justificatifs de domicile des parents
Le jour J
C’était dans le 9ième arrondissement de Paris. La robe africaine était de mise pour ma petite princesse. C’était le 24 juin 2006, il faisait beau, il faisait chaud, tout le monde était ravi. Mon amie, la marraine, a déclaré accepter cette haute mission sans ciller. Le parrain aussi. Et ça m’a fait du bien. De savoir, que Garance pouvait compter sur les deux personnes en qui ont avait le plus confiance. « En dehors de tous préjugés d’ordre social et philosophique et dans le culte de la raison. » Après c’est une histoire normale.
Champagne dans les jardins du Palais-Royal puis petit resto (Café Mezzo de mémoire) donnant sur ledit jardin. Les mômes pouvaient jouer alentours et le must : un bac à sable. Le soir, on s’est tous à nouveau réunis pour un pique-nique sur le champ de Mars avec Tour Eiffel scintillante pour nous éclairer.
Astuce : il fallait trouver un endroit qui soit proche de la mairie (pas de voiture à prendre) + qui soit à l’ exterieur (parce que des gamins de moins de trois ans ça tient pas trois heures à table) = Restau près d’un parc. On avait pensé également aux restos du bois de Boulogne. Pour que ce soit plus personnalisé, j’avais mis de petits pots en fer colorés remplis de fleurs blanches sur les tables.

Pour en savoir plus :
http://www.festimariage.com/page-10102-bapteme-civil-bapt...
12:05 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.09.2007
La rentrée des classes
La rentrée des classes
Subrepticement, infailliblement, toute faible, la peur est arrivée, s’est lovée au fond de mes entrailles, c’était jour de rentrée. La première en tant que mère, celle que j’espérais aussi. Engloutie que j’étais par ce rythme usant parce que toujours répété. Faire les courses, faire la cuisine, donner à manger, lire une histoire, mettre au lit, aller au parc, donner le bain, donner à manger, lire une histoire, brosser les dents, mettre au lit…
Et puis soudain tourner la page. Jour de pluie et il pleut sur mon cœur comme il pleut sur Paris… Mon enfant, ma douce aux couettes bien attachées, étiquetée de son prénom sur sa jolie blouse brodée. J’ai reconnu l’odeur des couloirs, semblable et inchangée, l’odeur de l’école, des feutres, des rangs bien ordonnés. Toujours pareille, ces sentiments paradoxaux qui me mettent d’humeur changeante depuis que je suis maman. Aujourd’hui je suis heureuse et triste en même temps.
Et vous c’était comment ?
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